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HIVER 2025

47

CONSEILS SANTÉ

DOSSIER SPÉCIAL SANTÉ

Prévenir les otites barotraumatiques

Qui n’a jamais eu mal aux oreilles en prenant l’avion ? En effet, les changements de pression peuvent provoquer une sensation désagréable d’oreille bouchée ou de douleur. Mais il existe des solutions pour les prévenir.

Qu’est-ce qu’une otite barotraumatique ?

C’est une lésion des tympans provoquée par les variations de la pression extérieure.

En avion, la pression de l’air de la cabine diminue en montée, ce qui a peu d’effet sur notre tympan.

En descente, la pression augmente et pousse le tympan vers l’intérieur de la tête, ce qui peut entraîner une sensation d’oreille bouchée.

Naturellement, nous déglutissons notre salive environ une fois par minute.

Cette action ouvre les passages internes qui amènent de l’air depuis le fond du nez jusqu’au tympan (les trompes d’Eustache) et elle rétablit les pressions de part et d’autre du tympan.

Source : Les guides santé, Prévenir les otites barotraumatiques.

Dans certains cas de rhume ou de rhinite allergique, ces manœuvres peuvent ne pas fonctionner. Vertiges, nausées, douleurs violentes à l’oreille et perte auditive peuvent apparaître. L’examen médical montre des lésions du tympan : c’est l’otite barotraumatique.

Comment prévenir les otites barotraumatiques ?

Avant un vol

Traiter précocement tout rhume débutant par des lavages de nez ou un traitement médical ainsi que toute allergie touchant la sphère ORL.

Tester la bonne ouverture de vos trompes.

Si la manœuvre que vous pratiquez couramment ne donne pas la sensation habituelle d’ouverture, consulter absolument un médecin avant le vol.

Au cours du vol

Dès le début de la descente, il faut équilibrer régulièrement la pression des deux côtés du tympan avec les 3 techniques de base ci-dessous.

Technique n° 1
la déglutition

Cette action ouvre les passages internes qui amènent de l’air depuis le fond du nez jusqu’au tympan (les trompes d’Eustache) et elle rétablit les pressions de part et d’autre du tympan.

Parfois, les simples déglutitions naturelles ne suffisent pas, il faut les favoriser en suçant un bonbon (sauf en cas de rhume) ou en utilisant des manœuvres d’ouverture plus actives.

Lors de la descente, si le nez est bouché, la déglutition, en mangeant, buvant ou suçant un bonbon, tire le tympan vers l’intérieur de la tête (dans le même sens que la pression le pousse) et peut favoriser une otite barotraumatique. Elle n’est donc pas recommandée !

Technique n° 2
la bâillement

Le fait de bâiller ouvre les trompes d’Eustache. Le petit bruit que l’on entend en bâillant correspond à l’ouverture des trompes. On peut même y arriver par un bâillement plus discret en abaissant la mâchoire tout en gardant la bouche fermée.

Les plongeurs sous-marins tiennent cette posture pour obtenir la « béance des trompes » lors de leur descente sous l’eau.

Technique n° 3
la manœuvre de Valsalva

Après mouchage, souffler en fermant la bouche et le nez sans jamais forcer ou pousser violemment, on perçoit un petit bruit d’ouverture des trompes et une amélioration immédiate de l’audition. Attention, si malgré la manœuvre la sensation d’oreille bouchée demeure, il ne faut pas insister sinon le tympan peut se percer.

Si les manœuvres de bâillement ou d’auto-insufflation ne suffisent pas (la trompe d’Eustache pouvant être bouchée, tout comme le nez), il est alors possible d’améliorer la manœuvre de Valsalva.
Il s’agit de combiner la « béance des trompes » (bâillement discret en abaissant la mâchoire tout en gardant la bouche fermée) avec la manœuvre de Valsalva.
La manœuvre fonctionne mieux au travers d’une trompe déjà un peu ouverte plutôt que fermée !

Il ne faut jamais forcer sur la manœuvre de Valsalva car elle peut être traumatisante pour l’oreille. En particulier lorsqu’on ressent « l’oreille bouchée », c’est que le tympan est bombé et ne peut pas bien vibrer sous l’action des sons.

Mais on ne sait pas s’il est bombé vers l’intérieur ou l’extérieur !
Si le tympan est bombé vers l’extérieur et que l’on continue à forcer pour tenter de déboucher l’oreille, ce dernier peut se perforer.

En dernier recours

Si nous n’avons pas réussi à faire passer de l’air au travers des trompes d’Eustache et que la pression s’accentue sur le tympan, il est possible d’humidifier le tympan. En effet, l’atmosphère sèche de l’avion a tendance à sécher le tympan et à le tendre.

Humidifier le tympan lui redonne de la souplesse et lui permet de mieux supporter la déformation due à la pression.

2 techniques d’humidification du tympan sont possibles

  • Appliquer sur l’oreille un gobelet contenant une serviette en papier imbibée d’eau chaude et essorée (technique connue sous le nom « d’oreilles de Mickey »).
  • Mettre dans le conduit auditif 3 gouttes de sérum physiologique que l’on empêche ensuite de ressortir par un petit bouchon de coton ou de serviette en papier.

Cette technique ne doit être tentée que si l’on est sûr que les tympans sont sains.

Elle est déconseillée si :

  • on a mal aux oreilles avant de monter dans l’avion (possible otite infectieuse) ;
  • on a un antécédent d’intervention chirurgicale sur l’oreille (greffe de tympan, otospongiose…).
Source : Les guides santé, Prévenir les otites barotraumatiques.

En conclusion

En avion, toute inflammation du nez, de la gorge ou des oreilles peut favoriser une otite barotraumatique lors de la descente.

En cas de rhume, consulter un médecin avant le vol et pratiquer des techniques d’égalisation des pressions de part et d’autre du tympan dès le début de la descente peuvent éviter une otite barotraumatique.

En dernier recours, l’humidification du tympan peut en éviter la lésion.

En cas de rhume, même débutant

Il faut être particulièrement vigilant en descente et pratiquer souvent la manœuvre de Valsalva sans jamais forcer.